Je pensais qu'on repartait le matin pour Tana. Mais finalement, l'associé de Mihangy souhaite faire encore quelques scènes. La chanteuse s'est changée (pour la 6eme fois). On me prévient que je vais encore tourner mais sans m'expliquer. De tte façon, ils n'expliquent jamais à l'avance. D'ailleurs c'est un vrai challenge pour moi. J'ai l'habitude de tout planifier, tout contrôler. Et là je me retrouve dépendant des autres. Que ce soit sur les activités, le temps, la durée.. Tout. Wouah.. J'apprends beaucoup sur moi. Finalement, je m'y habitue et cela me laisse bcp de temps pour penser, réfléchir.
J'avais dormi seul à l'hôtel, Mihangy m'appelle et me dis de les rejoindre. Nouveau challenge.. Je suis seul.. Je descend à l'accueil, règle mes dernières affaires avec l'hôtel. Je m'approche de la rue et appel un pousspouss (vélo avec cabine, un taxi vélo quoi) je négocie tant bien que mal, car ils aiment doublé les prix pour les Vaza. Sur le chemin, je me retrouve dans une petite ruelle bien étroite. Un groupe au loin est présent, toutes sortes d'idées viennent à mon esprit. C'est quand même très simple de tendre une embuscade aux étrangers ici. Jme rassure en me disant que de tte façon je ne contrôle rien. Si ça doit arriver.. Ça arrivera.. (Mektub). L'esprit plus léger et le noeud au ventre envolé, je passe devant ce groupe qui me salue en français. Je leur répond en malgache et j'ai le droit à un signe de respect. La peur n'est que pure imagination d'un futur proche qu'on redoute, et très souvent, ce n'est qu'imagination..
J'arrive à leur hôtel, enfin plutôt un ensemble de quelques bungalow sans prétention. Mihangy me félicite de mon petit périple seul et me partage sa fierté. Il sait que malgré la simplicité de la chose, cela relevait du défi pour moi.
Je prend mon petit déjeuner à leur hôtel, ah oui... Au fait... Si tu n'aimes pas le riz, vaut mieux éviter de venir à Mada, c'est ce qui accompagne chaque repas, matin midi et soir. Avec un peu de chance, j'ai le droit a une soupe de nouille, assez léger et suffisant pour tenir jusqu'au déjeuner.
Toute l'équipe s'est réunie, l'associé de Mihangy me remercie une nouvelle fois de jouer le jeu pour le tournage. Ce qu'il ne sait pas, c'est que je m'amuse comme un petit fou et que c'est moi qui le remercie..
On se dirige avec la camionnette vers les tréfonds de Tamatave. Sans GPS, et sans aucune aide, on traverse la ville jusqu'à trouver l'endroit recherché. Au milieu d'un quartier, se trouve un square entouré d'arbres gigantesques, avec des branches qui retombent à 2 mètres du sol. Ils l'appellent la place de Tarzan. On peut se balancer de branches en branches. Pour rire et se moquer un peu (je leur dois bien ca) ils m ont demandé si je voulais tourner le film de Tarzan avec ma peau blanche.
On sort le matériel pour faire les prises ici. La chanteuse fait de nouveau un enregistrement. Je ne sais toujours pas ce qui m'attend, mais qu'importe. Je profite pour regarder les malgaches jouer à la pétanque (oh putain les pros...). Ca y est c'est mon tour.. Mon script.. "Marc c'est simple, tu vas t'engueuler avec la fille et la frapper" ah bon!!! Moi... Ah bah c'est bien me connaître... Je joue le jeu, c'est amusant et quelque peu déstabilisant avec toutes ces personnes qui se sont arrêtées pour regarder. On fait plusieurs prises pour avoir différents angles de vues. Puis j'entends "aller c'est bon tournage terminé bravo à tous"
Je m'excuse au près de la chanteuse pour ce comportement, on rigole ensemble, elle me remercie encore pour les avoir aidé et sauvé le tournage.
Hop dernière photo de groupe et nous voilà reparti pour une bonne douzaine d'heures de voyage.
Voilà le clip :
Au retour, j'ai mis les écouteurs, enclenché la musique française.. Ca m'a fait un bien fou d'entendre du français après ces quelques jours en pure malgache.. Entre Zaz, Edith Piaf et Grand corps malade.. Que c'est bon de vous entendre.
Le voyage est passé tout seul, je crois que je m'y habitue. Tu sais jamais à quelle heure tu arriveras, ni à quelle heure tu mangeras. Vers 20h (il fait déjà nuit depuis 2 bonnes heures) on s'arrête pour dîner. Avec Mihangy on s'éloigne du groupe et se trouve un ptit bouiboui. Nos conversations sont passionnantes, c'est un grand homme, un guerrier. Il a vécu tellement de choses qu'il m'inspire pour beaucoup d'autres. J'ai commencé à écrire quelques phrases pour lui dédier une chanson.
On remercie grandement notre hôte qui était vraiment agréable et rempli d'une énergie enivrante. Nous voilà reparti pour affronter la route nationale étroite et en S, de nuit, avec la pluie (combo!!!!)
Une fois arrivés à La capitale, chacun se fait déposer, j'ai le droit à des checks malgaches, plutôt un bon signe de respect et quelques remerciements. Certains espèrent me revoir, d'autres je suppose que non.
Ahhhh... Retour à la maison... j'ai repris un rythme un peu plus normal. Ici à Malaza (le village où habite Lucienne et Dina) c'est reposant. Ils ont une grande maison et un beau terrain. C'est amusant comme le temps est changeant. Depuis mon retour il fait très beau. Alors je ne comprend pas vraiment le concept de l'hiver. Il n'existe que 2 saisons à Mada (été et hiver). Pourtant il fait un bon 25 degrés la journée, le soleil tape fort. A l ombre on peut sentir le frais. C'est un climat que j'apprécie bien. Il fait bon.
Je prend du temps pour me reposer avant de partir pour une prochaine aventure. Je lis beaucoup, en particulier sur la religion chrétienne, et d'autres notions comme la paix intérieur, le respect d'autrui, l'acceptation etc.. Je me rend compte que ces dernières années, le travail sur soi avait déjà bien commencé. Je retrouve des notions déjà vu, et certaines autres déjà acquises.
Le père de Mihangy est malade, et je me vois proposer d'aller passer une nuit chez eux. Nous partons le soir, ce n'est pas très loin, une trentaine de km, soit un peu plus d'une heure en voiture. Dina, Mihangy, leur fils Miaro et moi nous nous dirigeons vers ce village encore plus en retrait.
Sa mère m'accueille avec un grand sourire, je crois que ca lui fait plaisir que Mihangy vienne avec un ami en qu il a confiance même si je suis un vaza. Son père est malade, je devine et surtout je ressens que la fin n'est plus très loin. Je le salue avec bcp de respect, et les remercie de m'accueillir dans leur foyer. Leur petite maison est assez cosy, il manque bcp de choses comme des toilettes ou une douche par exemple (ah ce vaza et son confort....) c'est assez étroit mais il y a de la place pour tout le monde.
Sa maman avait préparé à dîner. On se retrouve autour de la table, on joint les mains, elle dit la prière. Amen! Le dîner peut commencer. Pendant le repas, la mère de Mihangy me dit qu'elle est heureuse de me recevoir car c'est la première fois qu'ils reçoivent un vaza chez eux. Je me sens très touché, peut être un peu gêné aussi mais son sentiment est sincère, je la remercie et lui exprime mon grand honneur. J'ai le droit à beaucoup de sourire qui viennent du cœur. Ça me fait du bien.
Il est déjà assez tard. Mihangy m'accompagne sur le petit balcon pour fumer nos clopes, et il me raconte un peu ses émotions, il vide son sac. Il ne le fait jamais. C'est un guerrier, il se doit d'être toujours fort, et ne jamais laisser les émotions prendre le dessus. Bercé par ces millards d'étoiles qui nous entourent, on laisse aller les émotions. Il me demande de parler de ma mère, ce que je fais avec beaucoup d'amour et de fierté. On parle de sujet tellement profond, l'amour, la foi, la confiance. Malgré sa difficulté à parler français, on se comprend bien, vraiment bien. Le langage universel n'a aucune barrière. Il est temps d'aller se reposer. Mihangy rejoint son père et veille sur lui toute la nuit pendant que je me bat avec un lit vraiment très bizarre. aucune position n'est confortable, je m'endors de fatigue quand même.
A l'aube, Mihangy me propose de visiter le village et d'aller prendre le petit déjeuner dans la rue. Je suis clairement le seul Vaza à au moins 10km aux alentours. Il connaît du monde ici, et dit bonjour à plusieurs personne que l'on croise. On s'arrête devant un boui-boui (en fait y a que ca, y a rien d'autres ici..) waouhhh on dirait une boulangerie, hmm!!! Je prend un pain au raisins, enfin sans les raisins.. On me sert un thé avec un peu de lait.
C'est plutôt bon, différent mais agréable. Il me propose d'aller visiter sa soeur, plutôt sa demi-sœur.